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Musique classique et opéra par Classissima

George Gershwin

mardi 21 février 2017


Les blogs Qobuz

3 février

Le blog-notes de Claude Samuel Retour sur Mahler – Glenn Gould, le canadien – La plume de Karajan – Au jeu des questions – Vladimir Horowitz et Virgil Thomson

Les blogs Qobuz Henry-Louis de La Grange (1924-2017) ou Mahler sur le bout des doigts Ph. Dominique Degli-Esposti De Mozart à Beethoven, de Chopin à Wagner, nous savons tout (ou presque) de la vie laborieuse et amoureuse des éminents compositeurs qui ont jalonné l’histoire de la musique occidentale. Et c’est l’occasion de saluer le gigantesque travail réalisé sur Gustav Mahler, l’homme et l’œuvre, par Henry-Louis de la Grange dont j’ai signalé le décès la semaine dernière. Travail de toute une vie consigné dans trois gros volumes, disponibles aujourd’hui chez Fayard. Travail de première main, fondé sur une longue prospection aussi bien à Vienne qu’à New York. La référence absolue ! Si l’on en juge par les ouvrages soumis cette année aux jurés du Prix des Muses, désormais Muses/France Musique, les interprètes, dont la vie n’est pas toujours aventureuse, pointent également leur nez dans cette bibliographie musicale et, ici comme dans le domaine politique, un succès de librairie témoigne, en tout cas, d’une belle notoriété. Peu de mélomanes ont, certes, eu la chance d’entendre Glenn Gould, pianiste génialement fantasque dont la brève carrière publique n’est jamais, d’ailleurs, passée par la France. Mais, trente-cinq ans après sa mort, ses enregistrements sont inépuisablement réédités et lui-même reste, sans doute, le plus lu des pianistes du siècle passé. Dans la collection Actes Sud/Classica, Jean-Yves Clément enrichit en quelque soixante-dix pages, notre connaissance gouldienne. En exergue du premier chapitre, cette pirouette en guise de confession : « Je suis un compositeur, un écrivain et un homme de communication canadien qui joue du piano à ses moments perdus »… Herbert von Karajan ou quand le nazisme assombrit une carrière foudroyante – DR Dans la même collection, c’est Sylvain Fort qui s’est chargé d’Herbert von Karajan, de ses turpitudes et de ses coups d’éclat ; et pour mieux défendre un dossier où alternent ombres et lumières, il n’a pas hésité à se mettre dans la peau de l’intéressé. « Moi, Herbert von Karajan… » Première phrase : « Je suis mort le 16 juillet 1989 dans notre maison d’Anif… » L‘adhésion à la section locale du parti nazi ? « Je ne me suis jamais senti coupable. Au contraire, j’ai toujours eu le sentiment d’avoir été moins mouillé que bien d’autres. » Et l’aveu : « Ce zèle militant, je dirais qu’il était lié strictement à des nécessités administratives », et « j’aurais tué pour avoir ce poste de Generalmusikdirektor du théâtre d’Aix-la-Chapelle. » Réponse possible, mais à une question qu’au cours des deux interviews qu’il m’a accordées, dont l’une, en direct, devant les micros de France-Culture, je ne lui ai pas posée. Il est vrai qu’une interview avec Mr. K était très cadrée, soigneusement minutée. On avait prévu une demi-heure et, sans consulter sa montre, il s’est levé brusquement à la trentième minute… Je comprends notre auteur : faire parler le maestro est tout de même plus facile … Le calvaire Autres artistes qui se sont prêtés au jeu des questions-réponses : la très british Felicity Lott qui répond aux questions d’Olivier Bellamy dans Il nous faut de l’amour, ce qu’elle a chanté dans Mozart, Strauss et Offenbach (aux Editions Buchet-Chastel), le couple australien Joan Sutherland / Richard Bonynge, chanteuse et chef, inséparables « à la scène comme à la ville », comme il est dit sur la couverture de cet ouvrage face aux questions de Paul-André Demierre (aux Editions Papillon ), la pianiste chinoise Zhu Xiao-Mei dont le précédent livre, La rivière et son secret, relatait le calvaire d’une musicien classique aux temps de la Révolution culturelle et qui explique maintenant le bonheur d’une terre natale retrouvée (sous étiquette Salvator) ; et la « vie à quatre mains » de Katia et Marielle Labèque que j’ai croisées jadis au Festival de Royan, lorsque Michel Béroff remporta le premier prix du premier Concours Olivier Messiaen — Katia et Marielle qui s’imposèrent d’emblée dans les Visions de l’Amen (d’Olivier Messiaen), dans la Sonate pour deux pianos et percussion de Bartók jouèrent Berio et conquirent une gloire internationale avec George Gershwin. Récit agencé par Renaud Machart pour les Editions Buchet-Chastel. Blanc de poulet et soles fraîches Enfin le nouvel ouvrage, après quelques autres, consacré à l’un des artistes les plus stupéfiants, les plus surprenants, les plus insaisissables du XXe siècle : Vladimir Horowitz, né en terre ukrainienne en 1904, mort à New York quatre-vingts six ans plus tard : Horowitz, L’Intranquille par Jean-Jacques Groleau pour Actes Sud. Et intranquille, il l’était vraiment cet angoissé permanent dont la glorieuse carrière enchaîna les triomphes et les interruptions, avec des retours d’autant plus attendus, d’autant plus frénétiques qu’ils s’étaient fait longtemps attendre. Jean-Jacques Groleau revient avec des détails savoureux sur le quotidien (« blancs de poulet et soles fraîches » au menu), sur la vie sentimentale : homosexualité mal assumée et Wanda, l’épouse, fille du grand Toscanini, toujours aux aguets. Et j’ai le souvenir de la conférence de presse qu’Horowitz donna pour quelques journalistes européens dans les salons des pianos Steinway à New York à l’occasion de l’un de ses retours. À toutes les questions, il ouvrait la bouche et l’inénarrable Wanda prenait aussitôt la parole, de peur que l’illustre virtuose ne se perde dans d’obscurs états d’âme. Vladimir Horowitz, dont Clara Haskil disait : « C’est Satan au clavier » DR Sanglant La critique musicale ne fut pas tendre avec Horowitz ; en particulier, la célèbre plume du Herald Tribune, Virgil Thomson (1896-1989). Après un papier spécialement sanglant, il eut droit à un procès : Wanda l’avait vu somnoler plus qu’il n’est permis. L’histoire ne dit pas ce que décida la justice, mais je me souviens de la réponse qu’il me fit un jour lorsque je lui ai demandé pourquoi, après quatorze ans de bons et loyaux services, il avait jeté l’éponge : « J’ai toujours un peu dormi au concert, me dit-il, mais à la fin, je dormais tout le temps. » Mais quand il ne dormait pas, mon ami Virgil était merveilleusement drôle, comme en témoigne la série d’entretiens que je fis avec lui pour feu la RTF, lesquels doivent être enfouis quelque part, dans les souterrains de l’INA… Retrouvez la chronique de Claude Samuel dans le magazine Diapason de février 2017 : « Ce jour-là, 25 octobre 1893 : la mort de Piotr Ilytch Tchaïkovski »

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1 février

EDITO… Make America great again? par Pedro Octavo Diaz

EDITO, par Pedro Octavo Diaz… Depuis 24 heures le monde est secoué par la clameur rageante d’un triste histrion matamore à la tête de la première puissance économique et militaire de l’Occident. Effectivement, il a emporté, à coups de slogans démagogiques et quelques beuglements crus, la présidentielle Étasunienne la plus déchirante de l’histoire de cette incipiente démocratie. Make America great again? Sa devise: “Make America great again” (“Rendre les États-Unis grands à nouveau » / « Rendre à l’Amérique sa grandeur »). De toute évidence, Mister Trump, du haut de ses 70 printemps, fait croire à la décadence d’un état et d’une économie. N’en déplaise à cette vedette de Manhattan et des Stock-options, tout comme une certaine dynastie de Saint-Cloud en France, tout un pan de la grandeur Étasunienne est mise de côté. Outre le sérieux “Overpromising” de l’impétrant et un abus de phrasettes à gogo, Trump demeure le châtelain d’un Monde clos et irrémédiablement accroché aux années de son toupet blond, les années 80, rêveuses et tournées vers un avenir à la George Lucas. Et ce n’est pas inhérent à M. Trump, parce que depuis un certain temps l’on recèle un oubli criminel et dangereux des classes politiques mondiales du fait culturel et, plus particulièrement, pour le spectacle vivant. Le 21 Janvier 2017, alors que les éditorialistes mondiaux se déchaînent, tantôt sur les aventures de Trump tantôt sur le tailleur Ralph Lauren de son hétaïre, on oublie que Daesh a finalement fini par détruire un des plus beaux sites de l’histoire humaine : Le Théatre de Palmyre. Symbole de la tolérance, du partage, de la geste humaine, de sa permanence dans l’histoire par l’imaginaire. On limite à quels critères, aujourd’hui, la grandeur des peuples et l’accomplissement des nations? À l’ineffable économie, froide et volage? Aux indices sociologiques ? Ou bien à ce qui reste malgré les conflits et les déflagrations irréversibles de l’Histoire? Les États-Unis sont grands par leur géographie d’abord, par les paysages immenses qui ont fait rêver Samuel de Champlain et Lewis et Clark. Ces pierres jaunes du Wyoming, ces légendes de l’Oiseau Tonnerre que JK Rowling à vulgarisé dans la valise de Newt Scamander. Les États-Unis demeurent gigantesques et éternels par les méandres mystérieux et fascinants des lettres. Des embruns sauvages de Melville aux questionnements égotiques de Paul Auster. Et les volutes captivantes de Poe et la geste aristocratique de Henry James ou Edith Wharton. Le rêve Américain se déploie tel un papillon merveilleux dans les vers d’Emily Dickinson, les réverbérations de Walt Whitman et la torpeur sensuelle de Tenessee Williams… Mais les États-Unis sont aussi un ciel toujours sublime, blanc virginal aux abords des cols, céruléen aux abords des étendues sans fin des ocres et des verts et aux gris zibelins rasant les gratte-ciel. La musique, grandes sont les contributions des États-Unis aux chemins invisibles du son. Mariss Jansons, Isaac et David Stern, Yehudi Menuhin, Cole Porter, Thomas Ades, George Gershwin, John Musto, Jessye Norman, Lucinda Childs, Nicholas McGegan, William Christie, Laura Claycomb, Renée Fleming, Lisa Vroman, Larry Blanck, Amy Burton, Ed Lyon, Vivica Genaux, Joshua Bell, Nicholas Angelich, pour ne citer qu’eux, sont les voix puissantes des États-Unis. Mais que l’on ne se trompe pas. La voix des États-uniens est celle que ni les trusts, ni les thuriféraires de M. Trump ne peuvent ni veulent comprendre parce qu’elle ne produit aucun profit. Quoi qu’il arrive et qu’il en soit des choix des peuples ou des calculs électoraux, aucun Pays ne se détermine par sa gouvernance. Les actes de barbarie ou d’iniquité qui jaillissent de l’actuelle incompétente irresponsabilité des équipes politiques ne doit en aucun cas entacher comme naguère la destinée des peuples. Actuellement les États-Unis sont traversés par des convulsions inquiétantes. Les élites culturelles s’insurgent contre les décrets néfastes de l’actuelle administration. Les artistes et les institutionnels de la culture sont en grève. Mais en creusant l’écart entre les soutiens de base de Monsieur Trump et la “gens” culturelle ne verrons-nous pas le germe redoutable de la guerre civile, qui est la “coda” inévitable de tout totalitarisme ? N’oublions pas les leçons de l’Histoire. L’éditorialiste de CNN, Christiane Amanpour l’exploite bien dans ses comptes-rendus. Il y a 70 ans les pires dictatures ont surgi d’un mouvement d’humeur et d’un vote de protestation. De même, le parti médiocre de la bureaucratie a fait surgir les pires monstres, l’immobilisme est toujours ennemi de la création. La culture fut la solution, il y a bien des décennies, désormais elle sera une arme. N’en déplaise aux factieux et aux tenants de la revanche, la France restera le monument du monde envers et contre la dynastie Le Pen; les États-Unis seront toujours une terre d’espoir envers et contre Mr Trump et ses coryphées Républicains; le Mexique sera toujours constellé du granit de son Histoire envers et contre Messieurs Peña Nieto et Videgaray. La Pologne sera toujours la patrie de Chopin plutôt que celle de Mr Kaczynski, et la Russie éternelle de Tchaikovsky et Lomonosov écrase déjà, de sa trace indélébile, la paranoïa de Mr Putin. La mortifère nuée de leurs voraces harpies n’atteindra jamais ceux qui ont un livre dans les mains, une peinture sous les yeux, un casque sur les oreilles. Il faut désormais avoir l’énergie de faire et non pas l’ambition de devenir. ___________ Illustration : Palmyre avant Daesh (DR)




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19 janvier

CLASSICAVAL à VAL D’ISERE. MUSIQUE DE CHAMBRE sous la neige

VAL D’ISERE. Festival Classicaval, du 16 au 19 janvier 2017. Musique classique au pays de la glisse ou Val d’Isère, … versant classique : du 16 au 19 janvier 2017, le village de Val d’Isère affiche tout un cycle de musique de chambre, à savourer entre deux glisses, 3 jours de suite à 18h30. Neige immaculée, montagnes vertigineuse, chalets et village rustique… la carte postale est bien réelle à Val d’Isère mais vécue sur le terrain, elle prend une toute autre dimension, en particulier pendant son festival de musique classique où les récitalistes et chambristes souvent affûtés, produisent des sensations au moins égales au vertige des pentes enneigées… ____________________ VAL D’ISERE. Festival Classicaval, du 16 au 19 janvier 2017. Musique classique au pays de la glisse ou Val d’Isère, … versant classique : du 16 au 19 janvier 2017, le village de Val d’Isère affiche tout un cycle de musique de chambre, à savourer entre deux glisses. Neige immaculée, montagnes vertigineuse, chalets et village rustique… la carte postale est bien réelle à Val d’Isère mais vécue sur le terrain, elle prend une toute autre dimension, en particulier pendant son festival de musique classique où les récitalistes et chambristes souvent affûtés, produisent des sensations au moins égales au vertige des pentes enneigées. Ce 24ème festival Classicaval (opus 1, car il y a une suite au mois de mars, du 6 au 9 mars 2017 — direction artistique Frédéric Lagarde) permet aux skieurs de se retrouver à 18h30 en fin d’après midi, après l’effort, dans l’église baroque du village : un concert les y attend. Directrice artistique de l’événement, la pianiste Anne-Lise Gastaldi offre une programmation pour le moins éclectique, de l’art lyrique à l’opéra-comique, vers les plus belles expressions du folklore de l’Espagne à la Pologne, mais aussi au cœur d’une soirée dédiée au plu tendre et au plus profond d’entre tous, le divin Mozart. MUSIQUE DE CHAMBRE sur la neige La tradition musicale à Val d’Isère est déjà ancienne, depuis que Jean Rézine, passionné de musique, attirait in loco, les jeunes instrumentistes parmi les plus doués de leur génération… depuis Classicaval musiciens et chanteurs grâce à l’engagement de quatre directeurs artistiques, Anne-Lise Gastaldi, Elena Rozanova, David Lefèvre et Frédéric Lagarde. Sous l’oeil des ainés, professionnels aguerris des plus grandes salles de concert, les plus jeunes accordent à Val d’isère, leur jeune virtuosité, leur jeunesse avide, et la profondeur d’un tempérament pas que démonstratif. Cette année, entre autres talents à suivre, la jeune violoncelliste Hanna Salzenstein, élève de Raphaël Pidoux, sera présente pour la 24è édition de Classicaval. Autres invités présents : le pianiste et chef d’orchestre Jean-François Heisser, la soprano Edwige Bourdy, l’accordéoniste, pianiste et compositeur, Benoît Urbain, Virginie Buscail, violon solo de l’Orchestre Philharmonique de Radio France, l’altiste Michel Michalakakos, la violoniste Nathalie Chabot… Le classique au coeur du village de Val d’Isère Lundi 16 janvier 2017 : dès 19h, rendez-vous pour un avant-goût musical à l’Hôtel Aigle des Neiges. Mardi 17 janvier : à 10h, visite de l’église baroque de Val d’Isère avec un guide-conférencier de la FACIM. 18h 30 : premier concert à l’église. A l’issue, rencontre avec les musiciens à la salle Marcel Charvin Mercredi 18 janvier : plusieurs fois dans la journée, « Le Piano-Manège » de Noël Martin et sa Volière aux Pianos invite à jouer sur le front de neige de Val d’Isère et dans la station. Jeudi 19 janvier : Découverte musicale avec les enfants de l’école de Val d’Isère. Programmation CLASSICAVAL 2017 : Tous les concerts ont lieu dans l’église de Val d’Isère, à 18h30 Mardi 17 janvier 2017 ”Mozart de 2 à 4…” “FOLKLORES… DE 1 À 5″ Concert WOLFGANG AMADEUS MOZART Sonate en mi mineur KV 304 I – Allegro II – Tempo di Menuetto Divertimento en mi bémol majeur pour trio à cordes KV 563 I – Allegro II - Menuetto III – Allegro Quatuor avec piano en sol mineur KV 478 I – Allegro II – Andante III – Rondo, Allegro Mercredi 18 janvier 2017 ”Inclassicable”… mélodies et chansons de 2 à 6 JEAN-SEBASTIEN BACH Prélude de la suite n°1 en sol majeur BWV 1007 MANUEL DE FALLA : Nana JULES MASSENET: On dit / Méditation de Thaïs REYNALDO HAHN: La Barcheta CLAUDE NOUGARO: Toulouse EDITH PIAF: Hymne à l’amour HAROLD ARLEN: Over the rainbow ASTOR PIAZZOLLA: Milonga sin palabras FERNANDO OBRADORS: Del cabello mas sutil CAMILLE SAINT-SAËNS: Si vous n’avez rien à me dire / Le cygne ERIK SATIE: La diva de l’empire GERSHWIN: I got rythm GÉRARD JOUANNEST: Accordéonesque BENOÎT URBAIN: Piazza di piazzo / in the mud / Virginie M Jeudi 19 janvier 2017 “Folklores… de 1 à 5″ FRÉDÉRIC CHOPIN Deux Polonaises op.26 ENRIQUE GRANADOS Deux danses espagnoles ISAAC ALBENIZ El Puerto/ Fête-Dieu à Séville ANTON DVORAK : Quintette avec piano en la majeur op.81 I – Allegro ma non troppo II – Andante con moto III – Molto vivace IV – Allegro ___________________________ TEASER VIDEO du 23è Festival Classicaval 2016 + d’INFOS / Réservations : Toutes les infos, le détail des programmes, les modalités de réservation, pour préparer aussi votre séjour en Val d’Isère, sur le site du festival Classicaval : www.festival-classicaval.com http://www.festival-classicaval.com VIDEO : reportage vidéo exclusif le festival CLASSICAVAL 2016 REPORTAGE VIDEO. Val d’Isère, festival Classicaval, 8, 9, 10 mars 2016… 3 concerts événements au Val d’Isère, au pied des pistes…En mars 2016, Val d’Isère fait son festival du 8 au 10 mars. “Classicaval” est le nouvel événement musical à suivre, chaque début d’année, un rendez-vous très estimable, soucieux d’accorder montagne et musique classique dans l’un des sites les plus enchanteurs de la région. 2ème édition en 2016 d’un cycle de concerts hors normes qui investit l’église baroque de Val d’Isère ; c’est une occasion unique d’écouter au cœur des massifs spectaculaires, des instrumentistes inspirés qui excellent en un charisme… Durée : 12 mn ______________ Prochain Festival CLASSICAVAL à Val d’Isère, du 6 au 9 mars 2017 (direction artistique Frédéric Lagarde)

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10 janvier

Festival Classicaval à Val d’Isère

VAL D’ISERE. Festival Classicaval, du 16 au 19 janvier 2017. Musique classique au pays de la glisse ou Val d’Isère, … versant classique : du 16 au 19 janvier 2017, le village de Val d’Isère affiche tout un cycle de musique de chambre, à savourer entre deux glisses. Neige immaculée, montagnes vertigineuse, chalets et village rustique… la carte postale est bien réelle à Val d’Isère mais vécue sur le terrain, elle prend une toute autre dimension, en particulier pendant son festival de musique classique où les récitalistes et chambristes souvent affûtés, produisent des sensations au moins égales au vertige des pentes enneigées. Ce 24ème festival Classicaval (opus 1, car il y a une suite au mois de mars, du 6 au 9 mars 2017 — direction artistique Frédéric Lagarde) permet aux skieurs de se retrouver à 18h30 en fin d’après midi, après l’effort, dans l’église baroque du village : un concert les y attend. Directrice artistique de l’événement, la pianiste Anne-Lise Gastaldi offre une programmation pour le moins éclectique, de l’art lyrique à l’opéra-comique, vers les plus belles expressions du folklore de l’Espagne à la Pologne, mais aussi au cœur d’une soirée dédiée au plu tendre et au plus profond d’entre tous, le divin Mozart. MUSIQUE DE CHAMBRE sur la neige La tradition musicale à Val d’Isère est déjà ancienne, depuis que Jean Rézine, passionné de musique, attirait in loco, les jeunes instrumentistes parmi les plus doués de leur génération… depuis Classicaval musiciens et chanteurs grâce à l’engagement de quatre directeurs artistiques, Anne-Lise Gastaldi, Elena Rozanova, David Lefèvre et Frédéric Lagarde. Sous l’oeil des ainés, professionnels aguerris des plus grandes salles de concert, les plus jeunes accordent à Val d’isère, leur jeune virtuosité, leur jeunesse avide, et la profondeur d’un tempérament pas que démonstratif. Cette année, entre autres talents à suivre, la jeune violoncelliste Hanna Salzenstein, élève de Raphaël Pidoux, sera présente pour la 24è édition de Classicaval. Autres invités présents : le pianiste et chef d’orchestre Jean-François Heisser, la soprano Edwige Bourdy, l’accordéoniste, pianiste et compositeur, Benoît Urbain, Virginie Buscail, violon solo de l’Orchestre Philharmonique de Radio France, l’altiste Michel Michalakakos, la violoniste Nathalie Chabot… Le classique au coeur du village de Val d’Isère Lundi 16 janvier 2017 : dès 19h, rendez-vous pour un avant-goût musical à l’Hôtel Aigle des Neiges. Mardi 17 janvier : à 10h, visite de l’église baroque de Val d’Isère avec un guide-conférencier de la FACIM. 18h 30 : premier concert à l’église. A l’issue, rencontre avec les musiciens à la salle Marcel Charvin Mercredi 18 janvier : plusieurs fois dans la journée, « Le Piano-Manège » de Noël Martin et sa Volière aux Pianos invite à jouer sur le front de neige de Val d’Isère et dans la station. Jeudi 19 janvier : Découverte musicale avec les enfants de l’école de Val d’Isère. Programmation CLASSICAVAL 2017 : Tous les concerts ont lieu dans l’église de Val d’Isère, à 18h30 Mardi 17 janvier 2017 ”Mozart de 2 à 4…” “FOLKLORES… DE 1 À 5″ Concert WOLFGANG AMADEUS MOZART Sonate en mi mineur KV 304 I – Allegro II – Tempo di Menuetto Divertimento en mi bémol majeur pour trio à cordes KV 563 I – Allegro II - Menuetto III – Allegro Quatuor avec piano en sol mineur KV 478 I – Allegro II – Andante III – Rondo, Allegro Mercredi 18 janvier 2017 ”Inclassicable”… mélodies et chansons de 2 à 6 JEAN-SEBASTIEN BACH Prélude de la suite n°1 en sol majeur BWV 1007 MANUEL DE FALLA : Nana JULES MASSENET: On dit / Méditation de Thaïs REYNALDO HAHN: La Barcheta CLAUDE NOUGARO: Toulouse EDITH PIAF: Hymne à l’amour HAROLD ARLEN: Over the rainbow ASTOR PIAZZOLLA: Milonga sin palabras FERNANDO OBRADORS: Del cabello mas sutil CAMILLE SAINT-SAËNS: Si vous n’avez rien à me dire / Le cygne ERIK SATIE: La diva de l’empire GERSHWIN: I got rythm GÉRARD JOUANNEST: Accordéonesque BENOÎT URBAIN: Piazza di piazzo / in the mud / Virginie M Jeudi 19 janvier 2017 “Folklores… de 1 à 5″ FRÉDÉRIC CHOPIN Deux Polonaises op.26 ENRIQUE GRANADOS Deux danses espagnoles ISAAC ALBENIZ El Puerto/ Fête-Dieu à Séville ANTON DVORAK : Quintette avec piano en la majeur op.81 I – Allegro ma non troppo II – Andante con moto III – Molto vivace IV – Allegro ___________________________ TEASER VIDEO du 23è Festival Classicaval 2016 + d’INFOS / Réservations : Toutes les infos, le détail des programmes, les modalités de réservation, pour préparer aussi votre séjour en Val d’Isère, sur le site du festival Classicaval : www.festival-classicaval.com http://www.festival-classicaval.com VIDEO : reportage vidéo exclusif le festival CLASSICAVAL 2016 REPORTAGE VIDEO. Val d’Isère, festival Classicaval, 8, 9, 10 mars 2016… 3 concerts événements au Val d’Isère, au pied des pistes…En mars 2016, Val d’Isère fait son festival du 8 au 10 mars. “Classicaval” est le nouvel événement musical à suivre, chaque début d’année, un rendez-vous très estimable, soucieux d’accorder montagne et musique classique dans l’un des sites les plus enchanteurs de la région. 2ème édition en 2016 d’un cycle de concerts hors normes qui investit l’église baroque de Val d’Isère ; c’est une occasion unique d’écouter au cœur des massifs spectaculaires, des instrumentistes inspirés qui excellent en un charisme… Durée : 12 mn ______________ Prochain Festival CLASSICAVAL à Val d’Isère, du 6 au 9 mars 2017 (direction artistique Frédéric Lagarde)



Carnets sur sol

8 janvier

Jan van Gilse : Nous ne sommes pas seuls dans l'univers

Quand je dis nous, je veux dire je : The third instalment of cpo’s van Gilse Symphony series includes the popular fourth symphony. Van Gilse helped to fund the printing of hundreds of scores so it was for this reason his powerful and individual fourth symphony was not forgotten. « La troisième livraison des symphonies de van Gilse chez CPO inclut la célèbre Quatrième Symphonie. Van Gilse avait contribué au financement de l'impression de centaines de partitions, et c'est pourquoi sa puissante et personnelle Quatrième Symphonie n'est pas tombée dans l'oubli. » Van Gilse, la vérité est ailleurs. Et ce n'est même pas un site hagiographique du type Nos braves Bataves qui dit cela, mais le gros revendeur britannique Presto Classical . Je ne suis pas suspect de vouloir relayer les hiérarchies établies, mais tout de même, présenter la Quatrième de van Gilse comme un quasi-standard, ou même une œuvre restée dans les mémoires ou les répertoires, faut pas pousser. [[]] Premier mouvement de la Deuxième Symphonie. Orchestre Symphonique des Pays-Bas (sis à Enschede, je reviendrai à l'occasion sur ces nuances entre Symphonique, Philharmonique, Philharmonique de la Radio…) David Porcelijn Au demeurant, il faut absolument écouter Jan van Gilse (1881-1944), jadis documenté par quelques vinyles non réédités, et désormais très bien servi chez CPO : concerto pour piano, un cycle de variations orchestrales, les quatre symphonies (Symphonique des Pays-Bas, Porcelijn), et du quasi-oratorio « Une Messe de la Vie » (Philharmonique de la Radio des Pays-Bas, Markus Stenz). ■ Ein Lebensmesse (1904, sur un texte de Dehmel traitant de fécondité et fraternité, pas du tout religieux) s'inscrit musicalement très clairement dans la filiation des Gurrelieder de Schönberg (vous pouvez voir le concert Stenz sur la chaîne de la Radio-Télévision néerlandaise), tandis que les symphonies ont chacune leur ton propre : la Première (1901) encore postbrahmsienne (quoique largement émancipée) ; la Deuxième (1903) lumineuse, un peu pastorale, proche de la Deuxième de Schmidt ou de la Première de Weingartner, d'un postromantisme qui a entendu passer Nielsen et Debussy, ni sombre, ni dégoulinant, ni conservateur, ménageant beaucoup de trouvailles délicieuses ; la Troisième (1907) dans le format mahlérien, inégale, mais qui culminent dans un final avec chœur et soprano assez impressionnant ; la Quatrième (1910) un peu plus épurée et tournée vers le passé, non sans charme pour autant. ■ Les Trois ébauches de danse (1926, nommées abusivement « Concerto pour piano » sur la pochette de CPO) est particulièrement déroutant : pour ceux qui, comme moi , doutent de l'intérêt de la forme concerto, ils ne seront pas déçus… métallophone permanent dans le premier mouvement (et diverses percussions dans les autres), contrechant de cor dans le deuxième, énorme partie de trompette solo dans le dernier ! Le nom de concerto est assez mensonger, il s'agit d'une suite de danses où le piano joue souvent. Et quelles danses : étrange premier mouvement assez symphonique (tempo di menuetto), valse lente de plus en plus complexe et étrange pour son « Hommage à Johann Strauss » (titre en français !), enfin un quasi jazz qui évoque en effet Gershwin au début, mâtiné d'un peu des concertos de Prokofiev, puis vraiment autre chose. Assez indescriptible, à la fois plaisant, typé, pas très dansant et très dense musicalement. ■ Les Variations orchestrales sur un chant de saint Nicolas (1908) sont évidemment beaucoup plus légères, mais non sans matière, réussissant à capter une lumière franche du tout premier romantisme que les compositeurs semblaient avoir perdu depuis le milieu du XIXe siècle. Sur le label NM-Classics (publication du Nederlands Muziek Instituut), on trouve aussi le nonette (très proche des qualités de la Deuxième Symphonie), le quatuor inachevé (une très belle matrice où l'on sent poindre les qualités de construction et d'équilibre nécessaires), et le trio pour flûte, violon et alto. Ce dernier est à nouveau une originalité qui puise à la fois dans son passé proche (l'archaïsme des Suites chambristes de d'Indy) et totalement de son temps : malgré son côté pastoral et mélodique apparent, on entend du contrepoint richardstraussien dans le premier mouvement, des harmonies trompeuses et superposées qui confinent à la polytonalité dans le deuxième. Pour une œuvre à trois instruments monodiques, on entend régulièrement des accords de quatre ou cinq sons ! Quelque chose comme du Reger, un contrepoint toujours en exploration… en beaucoup moins contourné, et surtout assez détendu – ce que van Gilse n'était nullement dans sa vie publique ou personnelle, semble-t-il. La radio néerlandaise a aussi documenté Sulamith (par Jean Fournet !) et le cycle sur Gitanjali de Tagore (avec Brigitte Hahn, déjà la meilleure interprète de Vom ewigen Leben de Schreker, et Hartmut Haenchen). On en trouve trace en ligne si on cherche. [[]] Mouvements de valse dans les Trois esquisses de danse, milieu du mouvement. Carla Leurs, violon solo. René Geesing, violoncelle solo. Oliver Triendl, piano solo. Orchestre Symphonique des Pays-Bas, David Porcelijn. Mais les sachants considèrent que ses chefs-d'œuvre seraient ses deux opéras, qui n'ont jamais été représentés – le second n'a été donné au public qu'en 1980, le premier attend encore. Frau Helga von Stavern, plutôt au début de sa carrière (1913), qui n'a jamais été joué malgré ses démarches. Même ses défenseurs en trouvaient le livret (de René Seghers) redoutable, mais il ne paraît pourtant pas si vain à la lecture du résumé – peut-être était-ce la langue elle-même. ♦ Issu d'un conte frison, il met en scène une veuve possédant l'essentiel d'une ville portuaire (donnant sur la Mer du Sud), harassant ses concitoyens de travaux, se riant de leur pauvreté… Helga rebute son soupirant, un capitaine de vaisseau marchand qui lui offre du blé, le don le plus précieux puisqu'il lui permet de gagner le cœur de ses concitoyens. Par défi, elle choisit plutôt de le jeter dans la mer ; finalement, le merveilleux s'en mêle, une pauvre femme la maudit, et tout bascule. L'anneau que Helga avait jeté dans la mer pour tourner en dérision la malédiction lui revient dans un poisson servi à sa table, le port est bouché (par le blé déversé, dit-on), tout le monde la fuit comme frappée de malédiction. Devenue mendiante, elle est retrouvée en plein hiver par le capitaine Haron et meurt paisiblement pendant leur duo d'amour. ♦ Le seul extrait que j'aie pu entendre (l'air de sidération de Helga, cherchant à établir la cause des événements) était en réduction piano, avec toujours ces belles harmonies, et une déclamation assez heurtée et dramatique, écrite dans un style wagnéro-straussien manifestement conçu pour surmonter un vaste orchestre. Difficile de s'en faire une opinion avec si peu, mais on est très curieux, bien sûr. ♦ Jan van Gilse avait essayé de le faire donner à Francfort via un ami chef d'orchestre, mais le directeur l'avait rejeté à la lecture du livret ; de même, à Munich, pas de refus franc, mais la suggestion amicale de laisser reposer l'œuvre et de récrire son texte. C'est donc lui-même, au Concertgebouw, qu'il donne la musique de transformation (celle vers l'hiver mendiant) et le final de l'œuvre. C'est tout ce qui en fut jamais proposé au public dans des conditions officielles. Son autre opéra, Thijl, est beaucoup plus tardif (1937-1940), et écrit, paraît-il, dans un genre qui est davantage celui de l'opéra populaire « à numéros ». ♦ La genèse de Thijl est assez révélatrice. ♦♦ Helga (1913) était composée en allemand, dans un style assez wagnérisant ; et les critiques dans la presse de son confrère à peine plus jeune, Matthijs Vermeulen (dont il assure pourtant la création de la Troisième Symphonie, en 1939), l'accusaient précisément de trahir sa mission de défendre le patrimoine culturel national en utilisant la langue allemande pour servir ce sujet typiquement batave. Dans les années 20, c'est Willem Pijper, autre compositeur majeur du temps (en effet sensiblement plus moderne, mais aussi, à mon sens, moins inspiré), qui dénigre Jan van Gilse – sur sa façon de diriger, d'accompagner, de composer les programmes. Au point que celui-ci demande à la direction de l'Orchestre de la Ville d'Utrecht d'interdire à Pijper (pourtant critique pour Het Utrechts Dagblad…) et, faute de l'obtenir, démissionne en 1922, voyage çà et là, et finit par se fixer à Berlin en 1926. ♦♦ Ouvertement hostile aux nazis, il quitte l'Allemagne dès 1933, et refuse l'invitation de Richard Strauss pour venir créer une société de droits allemande sur le modèle de celle qu'il avait cofondée en 1911 pour les Pays-Bas – avec notamment Diepenbrock, Wagenaar et Zweers, autres compositeurs angulaires du pays. ♦♦ Tout cela finit par se matérialiser autour de l'élaboration de Thijl. En 1937, alors qu'il est devenu directeur du Conservatoire d'Utrecht (ce qui, combiné avec son passé de plusieurs structures de droits et de promotion de la musique néerlandaise, lui assurait de solides réseaux), il reçoit la commande d'un opéra pour orchestre de chambre – par une troupe dont il s'éloigne dès qu'il la voit jouer. Cette fois, il a pris soin de faire regarder et critiquer son livret avant d'écrire toute l'œuvre. Seulement, lorsqu'il achève enfin Thijl, le 29 novembre 1940, le pays est envahi depuis mai 1940, et la nouvelle passe inaperçue. ♦♦ Par ailleurs, l'opposition ouverte de van Gilse aux nazis ne lui permet pas de solliciter les réseaux nécessaires pour proposer sa création ; pis, il publie une pétition contre la nazification de la vie artistique néerlandaise et doit vivre dans la clandestinité. Ses deux fils, également résistants, sont tués, et il meurt, malade et mal soigné, en septembre 1944, sous un faux nom pour ne pas embarrasser ses hôtes. Toutes les occasions de jouer Thijl ont été manquées. ♦ Seule la musique funèbre qui sert de musique de transformation avant le dernier tableau est jouée en 1941 dans l'Église Royale de Rotterdam. Haitink l'a donnée en concert (où elle fut captée en vidéo ), et il existe une bande de Spanjaard à La Hague. L'opéra n'est représenté intégralement qu'en 1980, et je n'ai trouvé trace d'aucune bande. ♦ Fort des reproches qu'on lui avait faits par le passé, van Gilse avait pour l'occasion étudié les chants folkloriques et grégoriens pour nourrir sa partition ; mieux encore, il avait réutilisé, pour le final du deuxième des trois actes, un ancien chant de résistance du XVIe siècle. Ceux qui ont lu la partition semblent la trouver intéressante. Mais beaucoup des œuvres de Jan van Gilse n'ont jamais été publiées (d'où la remarque cryptique de Prestoclassical : la Quatrième Symphonie fait partie des rares éditées de son vivant), je n'ai pas pu mettre la main dessus pour l'instant. La marche funèbre, assez conventionnelle, ne m'a pas vraiment étourdi, mais ce n'est qu'un extrait de dix minutes, sans voix… Trio pour flûte, violon et alto, extrait. Détail amusant, les controverses du temps l'accusaient d'être trop germanique (et, de fait, il avait débuté comme répétiteur à Brême, avait passé pas mal de temps en Allemagne, composait sur des poèmes allemands), de la part de compositeurs qui se revendiquaient de l'influence française – or, à l'écoute, autant je peux entendre un Brahms debussysé chez van Gilse, autant j'entends plutôt la Deuxième de Prokofiev dans les œuvres radicales de Vermeulen et Pijper, et vraiment pas (du tout) Koechlin, Ravel ou Auric… Vraiment, comparé aux néerlandais avant-gardistes inventifs mais pas toujours hautement inspirés (Vermeulen et Pijper, qui dans les années 20 lorgnent par endroit du côté du futurisme) ou aux post-romantiques délicieux mais assez simples (le tutélaire Diepenbrock, Badings, le folklorique Dopper, Zweers, et puis Wagenaar qui lui n'est guère passionnant), Jan van Gilse semble se situer dans une forme de tradition fortement renouvelée par une personnalité assez féconde, vraiment à découvrir. Pour débuter, je recommanderais en priorité la Deuxième Symphonie et le bizarre Concerto pour piano, manière de mesurer les possibles. Parmi les autres figures néerlandaises de la même époque, on peut avantageusement faire un détour par Hendrik Andriessen, servi lui aussi par CPO – les symphonies sont bonnes, mais c'est tout particulièrement la Symphonie concertante qui me paraît originale et marquante. Sinon, je crois qu'on ne trouve à peu près rien de lui, mais la nostalgie du Salve Regina de Rudolf Mengelberg reste assez ineffable, petit plaisir simple dans le genre de l'Ave Maria de Vavilov – le pseudo-baroque de simili-Caccini en moins. Et puis, 25 ans plus tôt, il y a Julius Röntgen [notule ], bien sûr. Et quantité d'autres après, dont il faudrait parler à l'occasion.

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20 décembre

Compte rendu, récital lyrique. Marseille, Théâtre Toursky, le 6 décembre 2016. Récital Patricia Petibon, soprano. La Belle Excentrique… Susan Manoff, piano.

Compte rendu, récital lyrique. Marseille, Théâtre Toursky, le 6 décembre 2016. Récital Patricia Petibon, soprano. La Belle Excentrique… Susan Manoff, piano. Ce récital de Patricia Petibon, belle réellement et excentrique délicieuse et délictueuse des formes académiques du concert, tourne et fait tourner les têtes, sinon les tables, même celle de La Bonne cuisine de Bernstein, qui tourne rond malgré des recettes qui tournent mal pour poulet, lapin (heureusement de fantaisie) et… spectateurs sceptiques mais pas susceptibles du premier rang, aux premières loges, qui dégustent, littéralement, recevant avec les saveurs, les couleurs, en pleine figure, les reliefs du repas lancés à la volée comme défis et détritus ; menu concocté par la coquine, cocottante et caquetante cuisinière cordon bleu, on n’ose dire maître queuxmalgré la queue de bœuf jetée aussi avec une désinvolture survoltée par la follette diva en tablier attablée au piano d’où elle extrait des cordes (à son arc), les ingrédients incongrus pour ses plats sans en faire tout un : on s’en lèche les doigts sans en croire ses oreilles tant tout est à saison, assaisonné juste dans le tempo, même du « Civet à toute vitesse », de la musique, de la voix, du geste et déplacement. Un régal. Une intelligence qui se joue d’elle-même. Petibon en vocaliste coloriste J’ai commencé par où elle finit ce savoureux récital, vertigineux d’équilibre dans un déséquilibre apparent, conclus, après un brillant solo de la pianiste complice marmitonne Susann Manoff (l’andante con moto du Prélude N° 2 de Gershwin) sur un fougueux et allègre Granada d’Agustín Lara. Petibon le chante avec un parfait accent espagnol, comme elle l’aura donné aux pyrotechniques Cantares de Turina, où sa voix se coule avec aisance dans les diaboliques mélismes stylisés du flamenco, comme, piquante, pimpante, dans le Vito, danse populaire espagnole harmonisée par Obradors, qu’elle colore d’accent andalou. Elle couronnera le concert par deux bis, la fameuse berceuse popularisée par les cantatrices espagnoles, « Canción de cuna para dormir a un negrito », quatrième chanson des Cinco canciones negras de Xavier Montsalvatje, qu’elle interprète en intime et déchirante douceur, cette fois avec l’accent cubain, justesse de situation post-esclavagiste sinon autoriale car le texte est de l’Uruguayen Ildefonso Pereda Valdés (1899-1996). Le deuxième bis sera un inénarrable tango, Léon, qu’elle détaille avec un charme canaille à un spectateur ébahi et ravi qu’elle fait monter sur scène. ART DE LA COULEUR… J’ai retenu symboliquement ces morceaux comme représentatifs de l’éventail immense de Petibon, qui passe de l’air le plus émouvant ou le plus drôle à la chanson drolatique avec le même bonheur et la même justesse dans l’expression du sentiment et, ce qui me frappe, avec, me semble-t-il une adéquation de la couleur : couleur exacte des langues —et je témoigne de l’hispanique— dans des nuances de régions et de pays, Castille, Andalousie, Galice pour l’Espagne et Cuba, que même les grandes chanteuses espagnoles ne font pas toujours, du moins pour cette dernière, l’adorable berceuse. Si jamais la qualification de colorature pour son type de soprano est juste pour la virtuosité qu’elle déploie dans le baroque et dans ce chant espagnol vertigineusement orné, c’est encore plus juste par l’étymologie du mot : l’art de colorer le son. Patricia Petibon a une palette personnelle très riche en nuances, la couleur dont elle pare chaque mélodie paraît à chaque fois unique et l’éclaire affectivement : Spleen vaporeux de Fauré, indécise lumière argentine de Pêcheur de lune de Rosenthal, et je n’oublie pas cette Asturiana de Falla, nimbée de brume et mouillée de pleurs, une discrète confidence arrachée au silence douloureux. Il faudrait tout réentendre pour en goûter les exquises finesses sans finasseries grossières et je ne cite, pour donner la mesure de cette sensibilité, de Satie, que le défraîchi Daphénéo, affadi de tant de fadaises interprétatives, qui retrouve, avec elle, une neuve naïveté. Quant à « La delaïssado », ‘la délaissée’ de Canteloube, extrait de ses Chants d’Auvergne, c’est le chant résigné puis révolté de la femme, de toute femme, où l’on retrouve les accents de son Alcina d’Aix. Même sens dramatique dans « A vida dos arreiros » », ‘La vie des muletiers’, texte en galicien, extrait du Poema de un día du rare Henri Collet, musicien hispaniste qu’elle nous offre comme un cadeau, dans cet air semé de mélismes à la tenue de souffle admirable. Bref, on n’en finirait pas de détailler la variété de tons, de couleurs qu’elle déploie, passant des larmes retenues, de la mélancolie à la fantaisie avec force accessoires, fausses oreilles, faux nez, carottes, etc, du fantasque au cocasse, au loufoque, peut-être comme une pudeur, une défense de l’âme par une ironie, une dérision où, entraînant son extraordinaire partenaire de pianiste, elle s’inclut elle-même : suprême élégance de l’humour. Un charme fou, foufou. _____________________ Compte rendu, récital lyrique. Marseille, Théâtre Toursky, le 6 décembre 2016. Récital Patricia Petibon, soprano. La Belle Excentrique… Susan Manoff, piano. Programme : Leonard Berstein, Henri Collet, Joseph Canteloube, Manuel de Falla, Gabriel Fauré, George Gershwin, Reynaldo Hahn, Agustín Lara, Xavier Montsalvatje, Fernando Obradors, Francis Poulenc, Éric Satie, Joaquín Turina.

George Gershwin
(1898 – 1937)

George Gershwin (26 septembre 1898 - 11 juillet 1937) est un compositeur américain, né Jacob Gershowitz, de parents juifs immigrants russes. George Gershwin composa la plupart de ses œuvres avec son frère Ira Gershwin, parolier. Gershwin composa à la fois pour Broadway et le théâtre de concert classique, sa musique contenant des éléments provenant des deux univers. Gershwin connut également beaucoup de succès dans l'écriture de chansons populaires. Parmi ses compositions, beaucoup ont été employées au cinéma, et bien d'autres sont devenues de grands standards de jazz : des livrets ont été enregistrés par Ella Fitzgerald (mémorable enregistrement de 3 disques pour Verve, avec Louis Armstrong et l'orchestre de Nelson Riddle).



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